La méditation vipassana selon Goenka

La pratique vipassana selon Goenka est une méditation très pragmatique. Comprendre vipassana qui signifie la vision pénétrante en pali, langue ancienne indienne, c’est admettre faire un un travail personnel et profond. Bien que la méditation vipassana fait parti des premiers enseignements de Bouddha, il n’est pas nécessaire d’être bouddhiste pour le comprendre et pratiquer. La pratique vipassana selon la méthode Goenka est laïque.On ne demande pas de croire ce qui est enseigné dans la technique vipassana. Faîtes-en votre propre expérience en respectant ce qui est enseigné dans les cours résidentiels. L’enseignement ne se transmet que dans les centres de méditation vipassana telle enseignée par le maître lui-même et ses assistants-enseignants. Goenka est lui-même disciple de Sayagyi U Ba Khin.qui l’autorisa à enseigner vipassana.

Cette pratique conduit à voir les choses telle qu’elles sont. Cela semble si simple. Pas si sûr. Notre vie occidentale moderne, accélérée nous conduit à déformer sans cesse la réalité par des jugements presque éndémiques et inappropriés. Nos croyances liées à nos émotions perturbatrices est une formidable déformation de la réalité. Notre conquête égocentrique pour être toujours plus performant et le meilleur, oublie des choses fondamentales de notre être. Notre ignorance masquée par nos certitudes conduit à la souffrance mentale. La pratique vipassana amène à la dissolution de l’ego et l’éradication de la souffrance en transformant l’esprit pour le rendre plus clair et plus pur.

Nous passons de longues années à étudier. Pourtant jamais nous apprenons à être maître de notre esprit. Nous restons tributaires de notre esprit même si nous pensons être libre de nos pensées. Il n’est pas difficile de constater que notre esprit fait ce qu’il veut et nous domine. Essayez d’arrêter de penser ou de demander à l’esprit d’arrêter de faire souffrir quand on est dans la tourmente. Cet esprit qui nous échappe nous gouverne et occupe une place si importante dans notre existence.

La méditation est un moyen de calmer l’esprit en observant nos propres pensées jusqu’à prendre conscience de leurs existences. En quoi la méditation vipassana est différente des autres pratiques. Vipassana est une pratique approfondie qui demande un travail important pour éradiquer les impuretés de l’esprit. Si la pratique est importante et doit être suivie tous les jours, elle est accompagnée d’un enseignement visant à s’approcher d’un mode de vie, un code de conduite, dans un état de sagesse qui apprend à vivre en paix.

Il est possible de pratiquer la méditation vipassana selon la méthode Goenka dans l’un des centres ouvert à travers le monde. Il en existe un en France, situé dans l’Yonne, le centre Dhamma Mahi. Pour les résidents de Franche-Comté, le centre suisse situé dans la montagne jurassienne, est plus proche. Suivre un cours résidentiel dans un centre, c’est accepter un code de discipline pendant une retraite de 10 jours. Cela demande-t-il  un effort ? C’est pourtant un privilège de pouvoir se couper totalement du monde et se consacrer totalement à cette méthode.

Suivre un cours dans un centre vipassana, c’est accepter le code de discipline. Cela parait difficile. Pas tant que cela. Quand les jours passent, l’esprit est si affûté que chaque pensée devient consciente et rare. Les pensées sur les conditions de la retraite sont inexistantes. Bien sûr, faire le silence, ne pas croiser les yeux d’un autre méditant ou l’étudiant tel qu’il est appelé quand on suit un cours vipassana, paraît insurmontable. Mais les conditions sont réunies pour que ces moments soient acceptés facilement. Car l’esprit ne s’échappe pas vers ces pensées. La moindre émotion vient perturber la pratique. Alors c’est la raison pour laquelle il est demandé de faire de gestes qui ne perturbent pas les autres.

L’enseignement du Dhamma tel qu’il a été enseigné il y a 2500 ans est au centre des cours vipassana. Le Dhamma est la loi de la nature universelle. Pleine de bon sens, très pragmatique, la compréhension du Dhamma nous apprend que la colère, l’avidité nous rendent malheureux. En vivant en harmonie avec cette loi universelle de la nature, il est possible d’accéder à une vie plus heureuse et plus harmonieuse.

Logé, nourrit et recevant un enseignement, l’étudiant n’aura rien à régler. L’argent ne doit pas perturber cette retraite ouverte à tout le monde. Accepter ce qui est proposé en ne laissant pas l’ego s’exprimer, cela fait parti de la pratique. L’étudiant sera libre de faire un don s’il le souhaite. Il est difficile de ne pas le faire. Faire un don dans le centre en France, c’est bénéficier d’une réduction fiscale car la pratique est reconnue d’utilité publique. Surprenant mais cela montre que cette pratique est non seulement acceptée mais reconnue par l’autorité publique. Tout est gratuit, le cours, le logement et les repas végétariens équilibrés qui sont faits par d’autres étudiants anciens bénévoles. La diversité et la qualité des repas est une véritable offrande pour l’organisme.

Les trois premiers jours sont affectées à la concentration mentale pour parvenir au calme de l’esprit. Rien à faire sinon d’écouter le cours et porter son attention sur une petite surface sous les narines. L’attention de la conscience est centrée entre les narines et la lèvre supérieure. La concentration doit être profonde. Il y a que cela à faire. Peut-être à un moment, une émotion s’exprime, de la colère qui remonte, ou des souvenirs agréables apparaissent. Peu importe, dès la prise de conscience de ces pensées, l’attention est ramenée sur la petite surface placée entre les narines et la lèvre supérieure. Cela pendant dix heures les trois premiers jours, et la demi journée suivante. Cela peut paraître long. L’esprit est calme et concentré. La pensée sur le temps n’existe pas car elle ne vient jamais à l’esprit. C’est pour cela que le temps passe mais la durée ne perturbe pas la méditation. Le seul danger est de s’accrocher à une pensée concentrée sur la durée de la méditation.

Ce qui nous rend impatient sont les émotions parce qu’un dialogue intérieur s’installe. Il faut prendre conscience que l’esprit est reparti dans les pensées pour le ramener aussitôt sur la petite surface placée entre les narines et la lèvre supérieure. La méditation ne dure pas dix heures d’affilées. Il y a des pauses pour méditer en marchant par exemple, pour le déjeuner ou pour suivre le cours vipassana.

La méditation vipassana commence le quatrième jour. Pendant trois jours et demi, l’attention est portée sur la petite surface située entre les narines et la lèvre supérieure. Puis l’attention de l’esprit est portée sur l’ensemble du corps. La technique ne peut pas être décrite car il faut être dans les conditions pour l’appréhender. Les étudiants vipassana n’ont pas la mission d’enseigner mais de continuer à pratiquer la technique. Les étudiants n’enseignent pas vipassana qui ne correspondrait pas à la technique telle que l’a transmise Goenka. L’enseignement vipassana continue les jours suivants jusqu’à la fin de la retraite. L’attention est portée sur les sensations du corps jusqu’à la remontée des sankaras, nos réactions enfouies dans l’inconscient. Les sensations permettent d’observer que le corps est en mouvement évoluant dans l’impermanence de la vie. Les sensations perçues pendant vipassana ne sont pas observables dans un état de conscience normal car l’esprit n’est pas assez affûté pour ressentir cette perception profonde. Il va se passer beaucoup de choses intérieures pendant ces journées de méditation. Cette expérience est personnelle et ne peut pas être décrite car elle peut conduire à l’incompréhension. Ce qui n’est pas le but de la méthode. Puis chaque soir, il est demandé de faire le vœu de ne pas bouger, de faire aucun mouvement pendant une heure. L’attention de la conscience balaye le corps sans ignorer la moindre surface à l’écoute de toute forme de sensation. Une sensation non perceptible habituellement. L’esprit se nettoie de ses impuretés quand les sankaras remontent à la surface du corps pour produire ces sensations.

Quand le 10ème jour arrive, les échanges entre les étudiants sont autorisés. Les cordes vocales sont endormies après 10 jours sans parler. Mais la tonalité de la voie est vite retrouvée. Cette 10ème journée est une transition pour retrouver notre monde moderne accéléré. Pendant 10 jours, le seul contact était l’enseignant ou le manager chargé de suivre le groupe de méditants. Cela peut être un véritable choc de retrouver sa vie normale sans s’y préparer. Les étudiants échangent leurs émotions. Des traits tirés au début de la méditation ont disparu. Le stress qui accompagnait certains visages s’est effacé. On découvre des visages radieux, reposés, souriants. Pendant la retraite, il n’était pas autorisé de regarder son voisin. Alors ces visages heureux sont une découverte Les émotions s’expriment. Les hommes séparés des femmes se rejoignent. Quelques rires timides se fondent dans le brouhaha puis finissent par rompre le noble silence respecté pendant toute la durée de la retraite, Les commentaires s’échangent dans une atmosphère bienveillante.

Que retenir de cette expérience ?  Cette retraite de quelques jours ne change pas des habitudes prises depuis des années. La souffrance est le fruit de réactions inconscientes qui font parties de notre histoire personnelle. C’est un travail continu qui attend l’étudiant vipassana. Après la retraite, vipassana doit être pratiqué tous les jours, une heure le matin et une heure le soir. Difficile de suivre même quand l’esprit est entrainé. Les conditions de la retraite qui favorisent la pratique ne sont plus réunies. Certains étudiants se regroupent pour entretenir la technique, Difficile dans les petites villes et la régularité des rencontres complexe à maintenir. A défaut d’une pratique assidue, une retraite annuelle est conseillée. Vipassana est un chemin pour parvenir à la paix intérieure et doit être pratiqué seul ou abandonné selon les conseils transmis aux anciens étudiants. C’est alors un choix à faire. D’autres méditations amènent cet état de pleine conscience de soi pour être maître de l’instant présent. Cette expérience vécue pendant dix jours est une rencontre avec soi-même, notre véritable nature. C’est un apprentissage de soi qui aide à comprendre nos réactions inconscientes  à l’origine de notre souffrance. Goenka a transmis cette connaissance à son époque car lui-même souffrait physiquement de terribles migraines. Il a connu une forme de libération. Faîtes l’expérience de vipassana et choisissez le chemin qui vous convient le mieux. C’est cela qui vous rendra heureux.

Puissent que tous les êtres vivre en paix.

Puissent tous les êtres libérés de la souffrance.

Christophe

A lire : L’art de Vivre – Méditation Vipassana enseignée par SN Goenka de William Hart pour comprendre vipassana avant de faire une retraite.


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3 Commentaires

  1. bonjour
    merci pour votre blog et toutes ces infos précieuses.
    j’envisage de faire une retraite cet été à Dhamma Mahi

    j’aimerai savoir combien d’heures obligatoires par jour ont lieu de le hall…?
    je vous remercie encore
    bien à vous
    Jean Philippe

    • Bonjour,
      Inscrivez-vous dès maintenant car les inscriptions terminent rapidement pour l’été. Je ne peux que vous encourager à tenter l’expérience. Cela ne peut faire que du bien.
      Cela peut devenir un supplice si vous voulez savoir combien de temps vous allez passer dans la salle commune. Soyez concentré sur chaque instant pour ne pas penser au temps qui passe. C’est le travail des 3 premiers jours. Peu importe du lieu où vous allez méditer.
      Pour répondre à votre question, de mémoire, la première heure du matin et de l’après-midi peut se passer dans la chambre ou la salle commune. C’est au choix. Les autres heures sont dans la salle commune. Pendant les pauses, c’est possible de marcher un peu. Il y a les pauses déjeuners.
      Le réveil est un peu difficile. On ne peut pas le vivre comme un décalage horaire car l’heure solaire ne change pas. Quand on entre dans la méditation, on finit par être moins attentif à ces changements. L’esprit est davantage concentré sur la technique vipassana.
      Que cette méditation vous conduise sur le chemin de la libération de la souffrance.

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